23/03/2014

Temps d'attente

"Le temps d'attente, c'est l'espace pour prendre de l'ampleur, pour s'ouvrir, pour s'enraciner, pour préparer le terrain" me disait une amie alors que nous parlions de "mon" temps d'attente dans toute l'histoire de mon projet. C'est bien dans cet esprit-là que je vis cette attente... que les bonnes portes s'ouvrent. Elle ajoutait: " Ce n'est en tous cas pas tuer le temps, ni le perdre". 

Et c'est vrai que je n'ai pas du tout l'impression de "tuer" le temps, bien au contraire. Quelle richesse d'expériences et de rencontres j'ai pu faire depuis 3 ans que le projet d'ouvrir un gîte pour les pèlerins sur le chemin de St-Jacques s'est posé dans mon coeur. C'est bien le temps de m'enraciner profondément dans la Confiance en Dieu qui m'a appelée. Car si, avec cette promesse reçue "Dieu pourvoira" j'ai eu l'audace de tout quitter pour suivre cet Appel, j'ai constamment besoin de me (re)placer dans cette Confiance.
C'est d'ailleurs régulièrement que je reçois des paroles qui m'y encouragent, que ce soit directement dans ma lecture de la Bible, ou à travers ce que d'autres personnes me disent. Par ex. un jour, alors que justement ce temps d'attente me pesait quelque peu, tout à coup je "tombe" sur le verset de Hébreux 10 v.35-36 qui dit: "Ne perdez donc pas votre assurance, elle a une juste et grande récompense. Car vous avez besoin de persévérance afin qu'après avoir accompli la volonté de Dieu, vous obteniez ce qui vous est promis"! De quoi me rebooster le moral et me rassurer! J'en épingle quelques-uns sur le mur de ma chambre pour les avoir sous les yeux et mieux les intégrer.



En attendant... je me plais toujours beaucoup à Bethanien. Le printemps s'est généreusement annoncé, et la petite Soeur Marie-Daniela a repris sa bêche avec enthousiasme... et avec ses 80 ans fêtés l'année passée!! Aujourd'hui nous étions à nouveau sous le manteau blanc de la neige...




Quoiqu'il en soit, je continue de me régaler des magnifiques paysages de la région


                                                            quelque soit le temps...!









16/02/2014

L'ange à la casquette bleue

Fin janvier j'ai vécu mon deuxième week-end "Bethléem" avec la communauté du Chemin Neuf (cté CN). Nous avions rendez-vous à Lyon pour visiter le coeur de la cté. Car c'est aussi au coeur de Lyon, à la Montée du Chemin Neuf n° 49 (d'où le nom de la cté) que tout a commencé en 1973. Puis petit à petit la cté a reçu d'autres maisons voisines du 49, puis d'autres encore dans d'autres quartiers de Lyon! Aujourd'hui, la cté est répandue dans une trentaine de pays sur tous les continents.
Mais les bureaux d'où sortent les flyers, les revues, les films, etc, et où se gèrent les finances se trouvent encore à Lyon. C'est une vraie fourmilière à visiter!


Une partie des bâtiments de la cté
Depuis la terrasse, vue imprenable sur Lyon
























Puis le soir nous sommes allés dans la première maison acquise hors Lyon, qui se trouve dans le hameau Les Pothières. Là on nous a raconté l'histoire de cette maison:
Etant donné que la cté grandissait toujours plus, la - et même les maisons devenaient trop exigües pour toutes les activités de la cté qui se développaient de plus en plus. Ils ont alors prié pour trouver une solution... qui ne coûte pas cher car ils n'avaient pas de sous. Un jour Laurent Fabre, le fondateur, était sur la route avec sa 2CV, qui tombe en panne d'essence un jour de grève des pompistes! Pas de chance!! Il arrive à se mettre au bord de la route (pas de tél. portable à l'époque) et voilà qu'une voiture s'arrête près de la sienne, et un homme avec une casquette bleue en sort avec un jerricane à la main. Il s'approche de Laurent et lui demande s'il a besoin d'essence! Evidemment! Puis, après avoir rempli le réservoir, l'homme à la casquette bleue lui propose de venir manger un morceau de gâteau aux pommes chez lui, puisqu'il habite dans la région. Laurent accepte, et autour du gâteau ils parlent de tout et de rien, dont le besoin de trouver une maison dans les environs de Lyon pour les activités de la cté. L'homme à la casquette bleue lui parle alors d'une dame qui désire vendre sa grande maison, pas loin de là, et qu'ils peuvent bien aller ensemble la visiter. Ce qui fut fait. Laurent est enthousiaste de cette maison, c'est exactement ce à quoi il rêve, bon contact avec la dame, mais le problème du manque d'argent reste.

Peu de temps après, lors d'une soirée de prière dans la cté, une femme s'approche de Laurent pour lui dire qu'elle va s'engager dans une communauté monastique, et que l'héritage qu'elle possède elle le donnerait volontiers à la cté CN. C'était juste ce qu'il fallait pour acheter la maison des Pothières! Depuis que la cté habite cette maison, nul n'a revu l'homme à la casquette bleue. Du coup il est devenu "l'ange à la casquette bleue"! Quant à la Soeur qui a donné l'argent, elle pourrait bien être aussi une "ange au voile blanc"!

La chapelle des Pothières

Cette histoire me parle par rapport à mon histoire actuelle, pour me dire que des miracles, aujourd'hui encore cela existe, cela se passe! Pour le moment je n'en suis encore pas là, je continue simplement et patiemment quelques démarches et contacts. Ça avance doucement.... et j'espère sûrement!

03/01/2014

D'une année à l'autre

Comme tout le monde, me voici entrée dans une nouvelle année. C'est souvent l'occasion de faire un bilan de l'année écoulée, ce dont je n'ai pas l'intention! Mais en ayant un oeil sur 2013 et l'autre sur 2014, je dirais que je continue ma marche dans la Confiance. Cette dernière année me permet de voir concrètement que Dieu me conduit, en plus agréablement: de Berlin à St. Niklausen, j'ai toujours eu l'impression d'être à ma place, et d'y être bien. Même si pour la réalisation du projet qui me tient à coeur rien ne s'est passé de concret, j'y crois toujours et vais de l'avant avec ça au fond des tripes. Ainsi j'aborde 2014 avec la ferme assurance que Dieu continuera de me guider, et de guider les événements. Sera-ce pour cette année? Aucune idée, puisque cette année est à composer au jour le jour... pas à pas! Un vitrail à composer, avec ses 365 pièces aux couleurs variées, cimentées par la prière et la foi, et éclairées par la présence de Dieu. Quel dessin aura-t-il à la fin? Rendez-vous en janvier 2015 pour le savoir!

Ici à Bethanien nous avons passé d'une année à l'autre en se régalant d'un magnifique buffet préparé pour nos hôtes par les bons soins de nos cuisiniers.




Puis le 1er janvier, nous avons déjà reçu la visite des 3 Mages, Melchior, Gaspar et Balthasar. Comme de passer dans tous les ménages du coin prend du temps, ils commencent leur tournée de bonne heure! Ils arrivent avec leurs beaux costumes, accompagnés d'une ange portant l'étoile-guide, avec son chevalier-servant pour porter... l'installation électrique! Les Mages balancent de l'encens... et présentent une boîte-crousille pour faire la quête! L'argent servira à soutenir un projet de la région et un autre en Zambie.


La coutume est d'inscrire sur le dessus d'une porte l'année de leur passage avec leurs initiales en signe de bénédiction pour la maison visitée. Une belle tradition, bien vivante et sympathique!




22/11/2013

La terre a tremblé... il y a 50 ans!

En fait, tous les 100 ans un tremblement de terre a lieu dans cette région de Kerns - Sarnen. Autrefois, les Soeurs de Béthanie habitaient une belle maison, ancien hôtel, à Kerns, juste en-dessous de St. Niklausen. Mais dans la nuit du 13 au 14 mars 1964, elles se sont réveillées en sursaut car tout bougeait et tremblait dans la maison! Après avoir constaté les dégâts importants dans la maison (sans parler de la région!) les Soeurs ont dû se résigner à la quitter pour se réfugier dans d'autres maisons soeurs qui pouvaient les accueillir. C'est ce qui les a décidées à faire construire la maison actuelle à St. Niklausen, sur un terrain où on leur a garanti que ni les avalanches de boue ni celles de neige ne passaient par là.

L'ancienne maison des Soeurs à Kerns

Là au milieu, une belle histoire: dans cette maison de Kerns, les Soeurs n'avaient plus de chauffage et pas assez d'argent pour le réparer. Un jour, un homme débarque avec une limousine noire et demande à voir la prieure. Il lui demande si tout va bien. Elle mentionne le problème du chauffage, disant que ma foi, les Soeurs avaient bien froid. L'homme sort alors de son coffre une enveloppe bien épaisse et la tend à la prieure, disant qu'il fallait qu'elle ne tarde pas à l'ouvrir, et lui s'en va de suite. Dans l'enveloppe, des billets de banque qui faisaient la somme dont les Soeurs avaient besoin pour réparer le chauffage!! Une soeur a bien essayé de courir derrière la voiture pour voir les plaques d'immatriculation, mais la voiture était déjà trop loin. La Soeur qui racontait cette histoire a terminé en disant: c'est St Nicolas de Flüe qui nous a visité! St. Nicolas de Flüe, un ange ou un homme divinement inspiré, n'est-ce pas une belle histoire qui illustre bien cet adage dont je parlais dans ce blog cet été: aide-toi et le Ciel t'aidera??!!

Chez moi, pas de tremblement mais quelques petites secousses se sont produites ces derniers temps, qui ont fait germer la petite graine du projet que j'avais "enterrée" dans la Confiance. Mais est-ce la bonne graine ou de la mauvaise herbe? Je n'en sais encore rien. Mais si c'est "ça", alors autant la terre que le ciel auront à se bouger! Ce serait en tous cas un bel os à ronger! Pour le moment je  passe du chaud au froid et vice-versa selon les informations contradictoires reçues. Il est donc trop tôt pour en dire plus, et ce n'est qu'en janvier que des précisions me seront données.
Tout ceci est un peu à l'image du temps extérieur: les belles couleurs vives d'automne, qui se recouvrent de blanc, pour passer à nouveau au vert, en passant par le gris du brouillard qui enveloppe tout. Depuis hier, c'est partout le blanc qui domine! Et les températures suivent la courbe du manteau!





15/10/2013

Regards sur les Suisses

Régulièrement des frères et soeurs de la communauté du Chemin Neuf viennent ici à Bethanien pour un temps de vacances, une retraite, ou autre. Il y a quelques Suisses, bien sûr, mais ils sont rares ceux qui font partie de cette cté, ils viennent alors de France, Belgique, Hongrie, Italie, etc... La cté étant implantée dans 30 pays, l'internationalité est des plus habituelle. Je m'amuse alors à entendre leurs réflexions sur la Suisse et ses habitants:
  • En France, quand on achète un topo-guide pour des randonnées pédestres, on nous propose des itinéraires depuis un parking. En Suisse, les topo-guides proposent des balades d'une gare à une autre, avec en plus l'horaire. Et dans les trains, on en voit beaucoup avec des souliers de marche aux pieds. ça traduit bien toute une mentalité!
  • Quand on entend des cloches de vaches, on sait qu'on est en Suisse!
  • On passe la frontière et tout est si bien rangé partout. On a même l'impression que dans les jardins ils coupent les laitues pour que pas une feuille dépasse! 
  • A Aelggialp, le point central de la Suisse, très joli alpage: Il n'y a qu'en Suisse qu'on trouve à 2000m. des toilettes publiques impeccables, avec papier WC y compris!
    La chapelle sur le plateau de Aelggialp
  • C'est fou ce que les Suisses (mâles) sont beaux! En plus ils sont tous bien baraqués! C'est sûrement parce qu'ils travaillent beaucoup la terre!
  • L'apéro fait partie de la culture suisse. D'ailleurs, si tu veux du bon vin, demande à un Suisse, t'es sûr qu'il va bien choisir!
  • Depuis le restaurant de Bethanien, avec vue imprenable sur le lac de Sarnen, un jour de soleil magnifique: on a vraiment l'impression d'être un milieu d'une carte postale. Finalement, le pays de Heidi existe bel et bien!
  • Incroyable comme en Suisse il n'y a pas une seule maison "à plat", le terrain est tellement en pente, qu'il y a toujours un côté de la maison qui a les pieds plus longs que l'autre côté, comme chez les Dahus!!! Même à Fribourg, toutes les maisons ont les pieds de dahus!!!
 
Par ex. une maison-dahu!

  • Dans une ferme en-dessous de Bethanien, on peut acheter des produits locaux en mettant l'argent dans un bocal, joliment coincé dans un vieux soulier: Ah, il n'y a qu'en Suisse qu'on peut encore trouver ça... 
Il est vrai que moi-même je n'ai pas fini de découvrir "ma" Suisse. Mirjam me disait une fois: J'ai l'impression que pour toi la Suisse-allemande est plus l'étranger que la France! Hum, elle n'a peut-être pas tout tort... En tous cas je continue à avoir beaucoup de plaisir à découvrir, à vivre, à travailler dans cette partie de la Suisse que, effectivement, je ne connaissais pas avant de venir ici à St. Niklausen. Mon seul regret serait de ne pas avoir beaucoup d'occasions de côtoyer ses habitants. Heureusement que le personnel est bien "local" et toujours si sympathique et avenant.

Et puis, début octobre j'ai participé à mon premier week-end Bethléem avec les autres personnes qui envisagent également un engagement dans la cté CN. Nous étions une vingtaine, dont la majorité était des couples avec 2,4,6.. enfants. Et peut-être bien étais-je la plus âgée... J'avoue ne pas être habituée à ça dans les milieux d'Eglise. Ce qui m'a aussi réjouie était de voir, entendre et côtoyer des personnes qui sont engagées depuis longtemps dans cette cté, et qui en parlent encore avec enthousiasme!! Bon début pour moi!!!

Ce week-end se passait à Montagnieu, pas très loin de Lyon, dans une des premières maisons que la cté a reçue. L'histoire est belle, et triste en même temps: cette maison, ancien château-fort, a été achetée par une famille dont la maman avait des troubles psychologiques, pensant que la beauté du lieu pourrait lui faire du bien, ce qui fut en partie le cas. Lorsqu'elle est décédée, la famille n'ayant pas de descendants a décidé de donner cette maison à une cté qui accueillerait des personnes en difficultés psychiques. C'est ainsi que la cté CN l'a reçue et en a fait son Centre Siloé, c'est-à-dire pour des gens qui ont besoin de reconstruction intérieure, et qui peuvent rester un temps plus ou moins prolongé et travailler avec les gens de la cté. J'ai justement pu discuter avec une jeune de 20 ans, qui vient de faire presqu'une année là-bas et qui disait combien ça lui a permis de se remettre debout après une enfance plutôt massacrée. Alors si cela peut intéresser quelqu'un, voici le lien http://www.chemin-neuf.fr/vie-spirituelle-fr/siloe-guerison-reconciliation, à transmettre si jamais. Pour moi, le témoignage de cette jeune me redisait la force de la Vie !

La maison de Montagnieu

15/08/2013

Les Exercices selon Ignace de Loyola

C'est à Tigery, près de Paris, dans un ancien château de la Renaissance qui appartient maintenant à la communauté du Chemin Neuf que je viens de passer un mois pour y vivre la retraite des Exercices selon Ignace de Loyola. Nous étions une quinzaine de personnes à prendre ce temps avec le désir d'approfondir et élargir notre connaissance de Dieu, avec pour certains, des choix précis à discerner. Un parc aux arbres majestueux avec un étang plein de vie nous permettait de bouger un peu, et de méditer aussi sur les merveilles de la création!




Nos journées étaient rythmées par des temps de prière personnelle, communautaire et liturgique, des enseignements et des accompagnements, sans oublier les repas au son de la musique, car nous étions en silence entre nous (et sans ordinateur!). 30 jours à cheminer avec des textes de la Bible nous rend Dieu plus proche, avec une Parole vivante qui nous rejoint chacun personnellement. Mon but à moi était bien de m'ancrer plus profondément dans la confiance en ce Dieu d'amour, que nous n'avons jamais fini de découvrir, ainsi que de trouver quelques lumières pour la suite de mon chemin. Le but est atteint... et les réponses surprenantes:

En effet, au milieu de la retraite, j'ai pu discerner et choisir avec joie d'entrer dans la communauté du Chemin Neuf (cté CN)! Il est vrai que, vu la manière si impromptue où j'ai atterri dans leur cté à Berlin, puis de manière si providentielle à Bethanien, la question avait commencé à émerger: mais qu'ai-je donc à voir avec cette cté?! Il est vrai aussi que, si d'un côté cela peut paraître surprenant, de l'autre c'est une suite assez logique. En effet, ce qui m'a fait choisir de vivre cette nouvelle expérience c'est:
  • me donner un cadre où vivre mes différents choix de vie envers Dieu déjà posés au fil du temps depuis bien des années
  • recevoir nouvellement mon appel à la vie communautaire reçu déjà en 1994, et qui m'avait conduite à vivre 8 ans dans une cté à la Côte-aux-Fées (canton de Neuchâtel) qui, d'ailleurs, s'inspirait du Chemin Neuf!
  • cette cté correspond à mon souhait de vivre le partage fraternel et de manière oeucuménique (j'en ai écrit un peu plus sur cette cté dans la rubrique http://chemindenise.blogspot.ch/2012/12/la-communaute-du-chemin-neuf.html)
Et alors, mon appel à ouvrir un gîte pour les pèlerins?! Du coup "mon" projet va devenir "notre" projet à construire ensemble. Ce qui me réjouit beaucoup car j'avoue que je me sentais un peu seule dans ce cheminement, bien que soutenue par un groupe de prière et une personne qui m'accompagne. Mais avant - ou en parallèle? - je vais faire la formation sur 3 ans que propose la cté CN à ses futurs membres. Je ne sais pas encore si je resterai à Bethanien, ce qui est tout à fait possible, ou si je partirai dans une des autres maisons de la cté, à voir dans ces prochaines semaines. 

Cela signifie, il est vrai, non pas un "abandon" de ce projet de gîte, mais plutôt une direction nouvelle. Dieu est fidèle aussi, et son temps à Lui n'a pas la même dimension que pour nous. Je me souviens de ces paroles de Thérèse d'Avila reçues à Burgos (fin de la rubrique "Meseta: un regard en arrière"): "que rien ne te trouble... la patience obtient tout..."! Je n'ai toujours pas fini de méditer ces paroles!! Patience donc... En attendant, pour moi l'aventure passionnante continue, aux couleurs si diverses et variées, à l'image de tous ces nouveaux visages rencontrés!!

Après le repas, séance de vaisselle!


14/07/2013

Aide-toi et le Ciel t'aidera

Devise bien connue, devise plusieurs fois (sous-)entendue "aide-toi et le ciel t'aidera", ce dont je suis convaincue aussi!

Voilà exactement 2 ans, le 15 juillet 2011, que je me suis mise en route pour Compostelle, pensant et disant: je vais faire mûrir ce projet d'ouvrir un gîte sur le chemin de Compostelle, selon l'Appel reçu quelques mois plus tôt (1ère rubrique de ce blog). Si, d'un côté, il me semblait que pas grand'chose n'avait mûri durant ce trajet, 2 ans après je peux toutefois en voir quelques fruits qui me sont utiles pour l'élaboration de ce projet.

Comme j'ai reçu cet Appel du Ciel, il est vrai que j'attends beaucoup de Dieu, me sentant d'ailleurs bien petite et bien démunie face à l'ampleur de ce projet. Ce qui ne signifie toutefois pas que je reste les bras croisés à attendre que ça descende tout seul de là-haut!



Ce blog raconte d'ailleurs quelques-unes des démarches entreprises. Entre autre, l'année passée, j'ai fait un tournus de 4 gîtes en tant qu'hospitalière à l'accueil de pèlerins. Expérience très enrichissante pour cerner ce que j'ai envie - et pas envie - de vivre dans "mon" futur gîte. Par ex. j'ai bien l'intention d'offrir la possibilité aux pèlerins de souper ainsi que de prendre le petit déjeuner avant de reprendre le chemin le lendemain.

le sentier des pèlerins qui débouche sur Béthanie

Lorsque j'ai pu discerner que c'est dans la région de Lausanne que j'allais partir à la recherche d'un lieu, j'ai alors compris qu'il me fallait absolument améliorer mon allemand. En effet, on compte qu'environ le 90% des pèlerins qui passent à Lausanne sont de langue allemande (Autriche, Allemagne et Suisse-allemande), dont beaucoup ne savent pas un mot, ou pas beaucoup de mots en français. Si je veux pouvoir échanger avec les pèlerins, lors du repas entre autre, j'ai absolument besoin d'acquérir plus de fluidité dans mon expression de cette langue. C'est dans ce but que je suis partie à Berlin, puis que j'ai atterri à St. Niklausen (canton d'Obwald en Suisse centrale).



En parallèle, surtout depuis que je suis à nouveau plus stable en Suisse, je fais quelques démarches et contacts avec des personnes de l'association des amis de St-Jacques de Compostelle, la police du commerce, avec une amie qui m'aide à mettre sur papier et en forme le projet, etc....
Et puis je prospecte un peu les lieux possibles, mon idéal serait entre Vucherens et le Chalet-à-Gobet, quelques km avant d'arriver sur Lausanne.

Si ce cheminement est des plus concret, il est tout autant spirituel. C'est pourquoi, pour m'aider dans le discernement de ce pas à pas, j'ai constitué un petit groupe de prière et je vois régulièrement une personne qui m'accompagne dans ce cheminement. Entre autre elle me disait: "construire sur le roc prend nettement plus de temps que construire sur du sable, mais c'est nettement plus solide (réf. à une parabole de l'Evangile)." Encouragement qui me fait du bien!
De plus, ce 15 juillet, je m'apprête à partir pour une retraite d'un mois, qui s'appelle "les 30 jours d'exercices spirituels selon Ignace de Loyola". Cette retraite a lieu près de Paris, dans une des maisons d'accueil de la Communauté du Chemin Neuf. Déjà à Berlin comme ici à St. Niklausen, je vis au sein de cette communauté qui m'offre cette possibilité de retraite. A vrai dire j'en attends beaucoup, dont quelques lumières concrètes pour la suite de ce projet. Histoire à suivre...


11/06/2013

St. Niklausen et ses environs

St. Niklausen veut dire St Nicolas mais, bien qu'à 20 min seulement du Flüeli-Ranft où a habité St Nicolas de Flüe, le patron du village de St. Niklausen est l'évêque de Myre, c'est-à-dire celui fêté le 6 décembre. Le lien entre ces deux Nicolas est l'église, car Nicolas de Flüe est certainement souvent venu prier dans ce lieu juste en-dessus de son ermitage. C'est en tous cas ce qui se dit.


l'église de St. Niklausen

l'Ascension, une des nombreuses fresques de cette église
 

Saint Nicolas


















Ce village compte 88 ménages, bien éparpillés dans la campagne. Il y a alors 3 arrêts de bus, avec un horaire incroyable: un bus à chaque heure de 6h du matin à... minuit! La région sait s'organiser! A 7h 30, les enfants viennent des 4 routes qui rejoignent l'arrêt principal, et remplissent le bus (grand format!) au point que tout le monde ne trouve pas une place assise jusqu'à Kerns, où la plupart descendent pour aller à l'école.
La tradition dans cette région est d'annoncer la naissance d'un enfant haut et bien visible sur la maison ou dans le jardin, par toutes sortes de moyens. Presque chaque maison a son "faire-part" de naissance: arbre, panneau, pyramide de pierres, etc...
En tous cas la relève est bien assurée!

notre plus jeune voisine!

Côté Béthanie nous avons vécu la journée Portes ouvertes le samedi 18 mai. Un jour ensoleillé entre des jours de grisaille et de pluie, quel cadeau du ciel à se partager entre tous! Au programme: temps à la chapelle, discours, musique d'ambiance, films sur Nicolas de Flüe et le Père Lataste (fondateur des Dominicaines de Béthanie), tout cela arrosé d'un apéro bien sûr! Et sans oublier la fête des 40 ans du Chemin Neuf en multiplex, ce qui nous a permis de passer dans plusieurs pays différents où la communauté se trouve. Il y a aussi eu la partie historique sur les débuts de cette vie communautaire à Lyon... au 49 du Chemin Neuf! Voilà l'explication du nom!







Côté pèlerins, nous sommes en train de penser à développer l'offre que Béthanie a déjà pour eux. Nous avons le projet de leur offrir un dortoir (jusqu'à maintenant il n'y avait "que" des chambres individuelles) ainsi que la possibilité de pouvoir faire leur cuisine eux-mêmes. Ce qui permettrait de faire un prix plus modique pour ceux qui ne peuvent se permettre une chambre d'hôtel. Je m'occupe d'une partie des démarches - celles que me permettent mon allemand imparfait - ainsi que de partir à la recherche d'une cuisinière d'occasion. Les lits on les a déjà, reçus "par hasard"!

24/04/2013

Au fil des p'tits bonheurs

Au fil du quotidien qui s'égrène rapidement, de manière riche et variée, plein de petits - moyens - et grands bonheurs se cueillent le long du chemin:

La région de St. Niklausen, presque à l'entrée de la vallée de Melchtal, est magnifique avec ses montagnes, son lac, ses étendues blanches ou vertes selon le temps et la température. Même avec la grisaille c'est beau, tout le monde s'accorde pour le dire. Tant mieux, car de la grisaille il y en a eu... comme partout ailleurs sauf erreur!

Un jour de grand soleil,

à Melchsee Frutt,

au fin fond de la vallée de Melchtal















Notre petite vie communautaire à quatre, se vit aussi à 2 comme à 12, ce qui donne de la variété et du dynamisme. Quoiqu'il en soit, à chaque fois c'est sympa, et c'est l'occasion de faire de nouvelles connaissances.

Environ une fois par mois la communauté du Chemin Neuf  est invitée à partager le temps de récréation des Soeurs Dominicaines. Moments de détente et d'échanges emplis de cordialité.
J'ai eu l'occasion de prendre un temps plus privilégié avec une des Soeurs pour parler de la spiritualité du Père Lataste, le fondateur de cette branche de Béthanie. Instants riches et profonds.

Le personnel dans son ensemble comme dans chaque individu, est d'une gentillesse à relever, d'une souplesse à souligner et d'une patience à apprécier. Comme dans toute équipe, il y a des visages qui s'en vont et d'autres qui arrivent, mais l'athmosphère cordiale et sympathique reste.

l'équipe réunie pour dire...

... au revoir à Dani!





















Martina à la vaisselle


Une vingtaine de personnes ont participé à la retraite d'une semaine en silence (appelée: les exercices de St-Ignace). Certains visages se sont ouverts et épanouis, c'était incroyable! Pour rire, on se disait qu'on pourrait ajouter dans la pub pour ce genre de retraite: "bénéfice secondaire: moins de rides en moins de 7 jours!"!!

Pendant trois jours, une quinzaines d'évêques suisses sont réunis ici pour un temps de partage entre eux. De service au restaurant, je les entends jongler entre l'allemand, le français et l'italien! J'essaie à mon tour de jongler un peu avec eux!!

Le tracé du chemin de St-Jacques traversant le parking, régulièrement un ou des pèlerin-es s'arrêtent pour manger et/ou pour dormir. C'est toujours sympa de pouvoir discuter un peu avec eux, et ainsi de rester connectée avec le Chemin!

Mes oreilles se forment de plus en plus à l'allemand et au suisse-allemand, le premier but de mon séjour ici. Mais pour le "ressortir" ma bouche n'a pas encore acquis l'habileté espérée. J'essaie aussi de prononcer quelques mots de suisse-allemand, ce qui fait bien rire les collègues!! Bref, il y a encore de quoi faire...
Et en annexe, j'ai appris qu'il ne faut pas confondre le suisse-allemand avec l'allemand-suisse, mais je n'ai pas encore compris la différence!

Le samedi 18 mai la Haus Bethanien ouvre tout grand ses portes. L'occasion de fêter les 40 ans de la construction de cette maison par les Dominicaines de Béthanie, les 40 ans de la fondation de la communauté du Chemin Neuf et l'alliance entre ces deux communautés. Pour en savoir plus sur le programme et donner envie de venir faire un tour, le détail de la journée est ici.

21/03/2013

Haus Bethanien

Déjà un mois que je suis arrivée ici, à la "Haus Bethanien", et je m'y sens déjà très bien. Cette maison a été construite il y a environ une quarantaine d'années, par les Soeurs Dominicaines de Béthanie. La particularité de cette branche de Dominicaines est de mettre ensemble des femmes qui peuvent être d'anciennes détenues avec d'autres femmes qui n'ont pas connu d'expérience dramatique, mais qui toutes ont reçu cet appel à la vie communautaire et monastique. Ici à Béthanie, il reste aujourd'hui une douzaine de ces Soeurs, au voile noir et à la robe blanche, le chapelet en bois qui cliquetille à leurs pas discrets mais décidés.


Béthanie


La Chapelle

Côté de la communauté du Chemin Neuf (cté CN) nous sommes quatre: Mirjam, Belge-Allemande et Kinga, Hongroise, qui ont repris la direction de la maison. Puis Bernadette, Française, arrivée 3 semaines avant moi. Mirjam est célibataire engagée dans la cté CN; Kinga et Bernadette sont en chemin, à des stades différents, pour un éventuel engagement dans cette même cté. Et moi, qui suis du côté du CN, sans en faire partie. Pour le moment ce mélange se fait sans difficultés, et notre ménage à quatre de même.

Côté travail, c'est de tout un peu: service au restaurant, vaisselle à l'office, entrée de données comptables, quelques traductions en français, valse des nappes et napperons, serviettes et linges à plier à la buanderie, etc. J'apprécie cette diversité.


devant

derrière, depuis ma chambre
La maison est très bien située, avec une vue splendide sur le lac de Sarnen et ses montagnes avoisinantes.De quoi se régaler la vue que ce soit depuis le resto, le bureau, ou depuis ma chambre.

























Du 7 au 10 mars nous avons accueilli près de 300 personnes pour un Symposium international, dont le thème était: le baptême dans l'Esprit-Saint, ses fruits et ses limites. Contenu intéressant, pas toujours accessible aux non-théologiens. Pour l'accueil, ce fut un sacré défi puisque la maison ne peut accueillir qu'une petite centaine pour dormir. Il a fallu réquisitionner logements de vacances et abri de la protection civile pour loger le "surplus". Défi très bien relevé, grâce -entre autre- aux frères et soeurs de la cté CN venus en nombre pour donner un coup de main tout en participant au colloque. On voit qu'ils sont habitués aux grands rassemblements et sont super organisés. Ce furent des journées et soirées bien remplies, dans une ambiance très agréable.


Et côté allemand, ou plutôt côté Obwald, l'oreille s'y fait, s'y habitue et y entre. Mais ça ne ressort pas encore aussi spontanément que je le voudrais. Le personnel de la maison parle le suisse-allemand de la région, mais d'un village à l'autre ce sont encore d'autres prononciations. Je réalise ici combien pour certains d'entre eux c'est un réel effort que de me parler en allemand (schriftdeutsch) lorsque je ne les comprends pas. C'est donc un effort réciproque que nous faisons. Et dans la bonne humeur, ils/elles sont tous si sympathiques! Je suis quand même bien contente de parler français avec Bernadette, ça me repose! Là aussi c'est réciproque!!

16/02/2013

Berlin Fin!

Dimanche 3 février j'ai quitté Berlin. Avec une pointe de nostalgie, avec aussi une grosse pincée d'enthousiasme pour la suite, et le plaisir toujours renouvelé de revoir famille et ami-es.

J'ai beaucoup apprécié Berlin, ses rues, ses bâtiments anciens et modernes, ses parcs, ses lacs, etc... et son ambiance pour s'y promener. L'hiver n'est peut-être pas la meilleure des saisons pour visiter cette ville, car il y fait froid et sombre. En trois mois, je n'ai pas eu besoin de mes lunettes de soleil! Impossible de traverser la couche de nuages en prenant de l'altitude pour aller chercher le soleil, la plus haute aspérité a 170m! Ville plate, c'est alors le paradis des vélos. Mais sous la neige on y rencontre aussi...



Berlin a d'innombrables musées de toutes sortes. Le musée Juif m'a particulièrement intéressée, tant au niveau de l'architecture, qui se veut représentative de l'histoire, que de son contenu très dense, très varié, très intéressant.

une partie de la façade du musée Juif















le jardin du souvenir, devant une des façades du musée















Si je n'ai pas tout à fait atteint mon objectif avec l'allemand à Berlin, je me réjouis d'autant plus du pas suivant à St-Niklausen. J'y monte (800m.) ce dimanche 17 février.







19/01/2013

Le pas suivant

A la mi-décembre, je me disais que ce serait génial si je pouvais faire encore une année d'allemand, mais que c'était un luxe que je ne pouvais me payer. A la même époque je me demandais aussi si j'avais à voir quelque chose de plus près avec la communauté du Chemin Neuf vu la manière quelque peu impromptue de mon arrivée à Berlin, le fait que je pensais aller dans une autre cté et finalement je "tombe" au Chemin Neuf, alors que j'en avais eu connaissance juste 2 jours avant mon départ pour Berlin.Or, quelques jours après, Anne Lagemann, la responsable d'ici, me demande si je suis intéressée à affiner mon allemand... en Suisse-allemande!
 
Elle m'explique que la cté CN vient de reprendre la direction de la "Haus Bethanien" à St-Niklausen, dans le canton d'Obwald, une maison d'accueil qui avait été créée pour les Soeurs Dominicaines de Béthanie et leurs hôtes. A l'époque elles étaient une cinquantaine, mais aujourd'hui elles ne sont plus qu'une douzaine. La maison devenait alors trop lourde à gérer et elles ont demandé à la cté CN de reprendre la direction de cette maison. Depuis septembre passé, deux femmes du CN ont déjà commencé à travailler là-bas, une troisième arrive ce mois de janvier, et elles désirent renforcer leur équipe, pour quelques mois du moins. De plus, cette maison est en plein sur le tracé du chemin de St-Jacques de Compostelle. Sans être un gîte fait particulièrement pour les pèlerins, quelques-uns s'y arrêtent avec plaisir. Il faut dire que la maison est très bien située et confortable, avec une vue magnifique sur le lac de Sarnen, et entourée de belles montagnes. Lors de mon passage en Suisse pour les fêtes de fin d'année, j'en ai profité pour monter là-haut (800 m.), voir la maison et discuter un peu avec Myriam, la directrice. Après réflexion et prière de part et d'autre, nous sommes d'accord de faire un bout de route ensemble.


Ce qui signifie que je vais rentrer en Suisse le 3 février, pour commencer mon engagement à la mi-février. Je poursuis donc ma formation continue, et en plus, cette fois dans un cadre de montagnes! Je me réjouis beaucoup de cette nouvelle étape.

Ci-joint le lien de cette maison, au cas où cela vous intéresse, et au cas où vous chercheriez un lieu de repos: http://www.haus-bethanien.ch/