Jeudi, arrivée à Conques. Ce hameau ne se fait voir qu'au dernier moment, au milieu de la colline verdoyante. Un joyau dans un écrin de verdure.
Et son Abbaye de Sainte-Foy, là aussi c'est au dernier pas qu'on l'aperçoit. Pourtant elle est grandiose, à l'extérieur comme à l'intérieur. J'en suis subjuguée, et je ne suis pas la seule. Que de merveilles à contempler!
1961 km, à parcourir à pied, dans la tête et dans le coeur. Une Jaquemet sur le Chemin de St-Jacques de Compostelle (2011) Puis sur le Sentier des Huguenots (2022. De Die à Genève en 2023)
13/08/2011
"On n'a pas forcément ce qu'on veut mais ce qu'on a besoin"
Cette phrase c'est Léonard, de l'Hospitalité St-Jacques à Estaing qui me l'a dite avant de partir de chez lui, mardi. C'est justement ici que je désire m'arrêter quelque temps au retour de mon pèlerinage pour voir un gîte de l'intérieur et prendre un temps de discernement. Lui-même a eu un appel à ouvrir un gîte alors qu'il faisait le chemin de Compostelle. Avec son épouse Elisabeth cela fait 19 ans qu'ils gèrent cette Hospitlité. A souper, assise à côté d'elle, elle me rappelait que "la Providence pourvoit", me disant aussi que ce n'est pas toujours facile, surtout au début.
Avant de partir le lendemain matin, nous prenons donc un temps de dialogue avec Léonard. Il me ré-invite à la confiance, au lâcher-prise, de mon projet même pour être complètement disponible à ce que Dieu veut. Et il me dit cette phrase "on n'a pas forcément ce qu'on veut mais ce qu'on a besoin". Il me demande si j'ai déjà fait l'expérience de ne pas réserver mon lit pour le soir. Je dis que non; comme j'avais voulu réserver pour le soir même dans un gîte à Soulié, accueil chrétien, mais c'était complet, je me dis que je vais en faire l'expérience sur le champ.
En chemin, je fais alors ma liste de ce que j'aimerais: un toit, un lit, une douche chaude, un souper par ex. steak-frites, et voilà. La liste de ce dont j'ai besoin... est à peu près identique...même si je remplace steak-frites par du plus modeste!
Je ne peux donc m'empêcher d'imaginer des scénarios:
le scénario 0 serait que, quand j'arrive à le Soulié, une personne vienne de se désister (ce qui arrive très souvent, malheureusement pour ceux qui nous reçoivent) et alors un lit est libre pour moi.
Scénario 1: en entendant qu'il n'y a pas de place, une voisine me propose un lit chez elle, une douche, un bon souper... Ah, mais j'en reviens à ma première liste!
Scénario 2: j'interpelle un petit monsieur dans son jardin, qui me demande où je vais, et pour ce soir... ah vous avez rien, mais alors nous avons un lit.... ah non, trop semblable au scénario 1, éliminé!
Scénario 3: je me mets dans mon sac de couchage, je me couche au milieu de la route... non, non, le forcing ne doit pas faire partie des plans divins!
Bref, je réalise que ce n'est pas si facile que ça de vivre concrètement la confiance. Pourtant je me souviens avoir dit à une de mes collègues que tout mon voyage était basé sur la confiance. Mais passer de la théorie à une vraie pratique n'est pas si évident que ça.
Lorsque j'arrive au Soulié, je demande si par hasard un lit serait devenu libre. Oui, il y a 3 personnes qui viennent de se désister... mais il y a 3 jeunes filles qui viennent d'arriver et vont prendre leur place! Non, c'est pas vrai, pas de chance pour moi! A 3minutes près! Mais quand je vois qu'une des jeunes filles a mal au genou et boîte, je me dis que tant mieux pour elles. On me dit qu'à Espeyrac il y a encore de la place au gîte communal.
Je repars donc, espérant que ce soit le cas, car j'en suis déjà à 22 km. Cette fois il fait chaud, même très chaud. Encore 3 km sur du goudron. Mieux vaut ne plus penser à mes plumes d'oies dans mon sac, j'en sue encore plus!
Arrivée à Espeyrac, il reste 6 lits vides! Ouf, largement suffisant! Je compte me ravitailler au magasin pour faire mon souper: il n'y a plus de magasin dans le village. Catastrophe! Je n'ai rien à manger, ou plutôt rien pour faire un vrai souper. Delphine, déjà installée dans le gîte, me dit spontanément "j'ai assez de pâtes pour deux". Puis c'est Emmanuelle et Arnaud qui ajoutent "on a aussi des pâtes et du gruyère". Génial. Arrivent 3 autres qui ont aussi des pâtes au menu + de la sauce tomates. Bref, chacun met ce qu'il a sur la table, et on se retrouve les 7 autour de la même table et de la casserole de pâtes, avec salami, gruyère, vieux cantal (pour ceux qui aiment),boursin, fruits et chocolat pour le dessert. Plus tard arrivent encore deux jeunes, avec une bouteille de vin, on a même droit à une tournée générale!
Il fait beau et bon, on est bien là dehors, c'est vraiment très sympa. Je ne peux que constater que j'ai reçu tout ce dont j'avais besoin. En plus, le partage et la convivialité. En plus?? Je réalise que moi j'avais oublié de le mettre sur ma liste, mais Dieu y a bien pensé, Il sait très bien de quoi j'ai besoin!! J'en suis toute émue...
Avant de partir le lendemain matin, nous prenons donc un temps de dialogue avec Léonard. Il me ré-invite à la confiance, au lâcher-prise, de mon projet même pour être complètement disponible à ce que Dieu veut. Et il me dit cette phrase "on n'a pas forcément ce qu'on veut mais ce qu'on a besoin". Il me demande si j'ai déjà fait l'expérience de ne pas réserver mon lit pour le soir. Je dis que non; comme j'avais voulu réserver pour le soir même dans un gîte à Soulié, accueil chrétien, mais c'était complet, je me dis que je vais en faire l'expérience sur le champ.
En chemin, je fais alors ma liste de ce que j'aimerais: un toit, un lit, une douche chaude, un souper par ex. steak-frites, et voilà. La liste de ce dont j'ai besoin... est à peu près identique...même si je remplace steak-frites par du plus modeste!
Je ne peux donc m'empêcher d'imaginer des scénarios:
le scénario 0 serait que, quand j'arrive à le Soulié, une personne vienne de se désister (ce qui arrive très souvent, malheureusement pour ceux qui nous reçoivent) et alors un lit est libre pour moi.
Scénario 1: en entendant qu'il n'y a pas de place, une voisine me propose un lit chez elle, une douche, un bon souper... Ah, mais j'en reviens à ma première liste!
Scénario 2: j'interpelle un petit monsieur dans son jardin, qui me demande où je vais, et pour ce soir... ah vous avez rien, mais alors nous avons un lit.... ah non, trop semblable au scénario 1, éliminé!
Scénario 3: je me mets dans mon sac de couchage, je me couche au milieu de la route... non, non, le forcing ne doit pas faire partie des plans divins!
Bref, je réalise que ce n'est pas si facile que ça de vivre concrètement la confiance. Pourtant je me souviens avoir dit à une de mes collègues que tout mon voyage était basé sur la confiance. Mais passer de la théorie à une vraie pratique n'est pas si évident que ça.
Lorsque j'arrive au Soulié, je demande si par hasard un lit serait devenu libre. Oui, il y a 3 personnes qui viennent de se désister... mais il y a 3 jeunes filles qui viennent d'arriver et vont prendre leur place! Non, c'est pas vrai, pas de chance pour moi! A 3minutes près! Mais quand je vois qu'une des jeunes filles a mal au genou et boîte, je me dis que tant mieux pour elles. On me dit qu'à Espeyrac il y a encore de la place au gîte communal.
Je repars donc, espérant que ce soit le cas, car j'en suis déjà à 22 km. Cette fois il fait chaud, même très chaud. Encore 3 km sur du goudron. Mieux vaut ne plus penser à mes plumes d'oies dans mon sac, j'en sue encore plus!
Arrivée à Espeyrac, il reste 6 lits vides! Ouf, largement suffisant! Je compte me ravitailler au magasin pour faire mon souper: il n'y a plus de magasin dans le village. Catastrophe! Je n'ai rien à manger, ou plutôt rien pour faire un vrai souper. Delphine, déjà installée dans le gîte, me dit spontanément "j'ai assez de pâtes pour deux". Puis c'est Emmanuelle et Arnaud qui ajoutent "on a aussi des pâtes et du gruyère". Génial. Arrivent 3 autres qui ont aussi des pâtes au menu + de la sauce tomates. Bref, chacun met ce qu'il a sur la table, et on se retrouve les 7 autour de la même table et de la casserole de pâtes, avec salami, gruyère, vieux cantal (pour ceux qui aiment),boursin, fruits et chocolat pour le dessert. Plus tard arrivent encore deux jeunes, avec une bouteille de vin, on a même droit à une tournée générale!
Il fait beau et bon, on est bien là dehors, c'est vraiment très sympa. Je ne peux que constater que j'ai reçu tout ce dont j'avais besoin. En plus, le partage et la convivialité. En plus?? Je réalise que moi j'avais oublié de le mettre sur ma liste, mais Dieu y a bien pensé, Il sait très bien de quoi j'ai besoin!! J'en suis toute émue...
| l'équipe à table |
| Estaing |
| Espeyrac |
09/08/2011
Ma devise perso
Au fil du temps, je me suis faite ma propre devise: rien ne sert de courir ni même de partir à temps, de toutes façons j'arrive dans les temps! Vérifiée aujourd'hui encore, ça marche!
Réveillée à 6h par d'autres pèlerins qui se lèvent, je vois par la fenêtre le sale temps: pluie et brouillard, le temps à rester dans les plumes de mon sac de couchage. Je me rendors et somnole jusqu'à 8h. Une des dernières à se lever du dortoir, ce qui n'est pas une heure de pèlerin. D'ailleurs, les 2 autres qui restent ne sont pas des pèlerines mais elles font le tour du Mont de l'Aubrac. Puis, comme j'avais mangé le soir d'avant ce que j'avais prévu pour mon petit déjeuner, je vais le prendre à la Grange, un refuge pour pèlerins. Je frappe à la porte, ou plutôt je pousse l'épais plastique qui sert de porte et qui laisse passer le vent et le froid. Kristina, une Finlandaise d'une trentaine d'années, m'y accueille et me prépare le café. J'essaye de couper des tranches dans le gros pain qui déborde de la corbeille. Elle se chauffe un reste de haricots et style purée "pour que ça ne se perde pas". Magnifique échange. Voilà bientôt 3 ans qu'elle est sur les chemins, de Compostelle et autres. Elle fait partie d'une fraternité de laïques, qui prient les uns pour les autres. Elle écrit un livre sur le rosaire en finlandais. Ici à Aubrac elle reste 2 semaines pour l'accueil dans ce refuge... des plus rustiques! Mais elle garde son très beau sourire (qui ne se voit pas sur la photo, dommage), pour dire que tout va très bien, que s'il fait froid c'est pas grave, que si c'est sombre ça va aussi, etc.. Elle me rappelle également que la vie du Christ, ce n'était pas que du gâteau, ni du pain blanc tous les jours!...
- et tu vis de quoi?
- je travaille par ci, par là. Par ex. l'automne passé j'avais besoin de m'acheter des chaussures, j'ai pu travailler 2 semaines dans les vignes. Et puis la Providence!
Ça me rassure de me dire qu'après si longtemps à vivre de la Providence d'une manière ou d'une autre, on peut garder le sourire! A méditer...
Il est environ 10 h quand je prends le chemin, ce qui est encore moins une heure de pèlerin. Entre temps une éclaircie est apparue, puis a à nouveau disparu. A la sortie du village, c'est la tempête. Et dire qu'on m'avait dit qu'en Aubrac, on pouvait crever de chaud et de soif... moi je pète de froid un 8 août!! Je rajoute des couches, y compris mes gants qui, par chance, n'ont pas fait partie des babioles dont je me suis délestée. Vais-je par contre regretter la boussole au vu du brouillard? Réponse 40 min plus tard: les nuages sont chassés, le soleil apparaît. Magnifique journée où nuages, soleil et vent arrivent à faire très bon ménage. Au moins pas de pluie, c'est tout ça de gagné.
Rencontre avec Cécile. Nous faisons un bon bout de chemin ensemble. Puis 3 autres pèlerins s'ajoutent, un trio qui s'est aussi fait en chemin. Nous nous retrouvons les 5 à la pause, dans un endroit préparé exprès pour les pèlerins par un couple du coin : café, thé, jus d'orange, préparé par Madame, bâtons de pèlerins façonnés par Monsieur. Prix indicatif de 1 Euro. Marianik sort son répertoire de chansons françaises, acheté le jour précédent. Madame, puis Monsieur arrivent. On cause, ils chantent, et on rigole bien! Toujours ce délicieux accent du midi, surtout lui. Echange de lunettes de soleil contre casquette! Voilà une vraie pause qui fait du bien partout!
Au début d'une nouvelle montée, Cécile me propose de la laisser pour que je puisse aller à mon allure et arriver à temps à l'office. Car nous logeons les deux au Couvent de Malet, à St Côme d'Olt, tenu par des Bénédictines. Des offices et prières sont proposés librement aux personnes de passage. Je file donc, prends une douche, fais ma petite lessive et arrive pile-poil à l'office. Ma devise marche encore une nouvelle fois!
De plus, des pèlerins partis à 7h du matin ce même jour me confirment qu'ils ont eu pluie et brouillard bien plus longtemps que moi. Paraît que c'est aussi beau comme ça. Bon, chacun ses goûts!
Au souper, je constate que Radio Camino fonctionne, alors que réseau téléphone et internet n'ont guère fonctionné dans cette région de l'Aubrac: "ah c'est toi qui fait 20 à 25 km par jour avec un pas énergique? J'ai entendu parler de toi le premier jour sur le chemin!" Tiens, Radio Camino a suivi mon évolution!! Je n'ai donc plus aucun complexe, même je le dis haut et fort que j'ai commencé mon pèlerinage par 5 km le premier jour!
Réveillée à 6h par d'autres pèlerins qui se lèvent, je vois par la fenêtre le sale temps: pluie et brouillard, le temps à rester dans les plumes de mon sac de couchage. Je me rendors et somnole jusqu'à 8h. Une des dernières à se lever du dortoir, ce qui n'est pas une heure de pèlerin. D'ailleurs, les 2 autres qui restent ne sont pas des pèlerines mais elles font le tour du Mont de l'Aubrac. Puis, comme j'avais mangé le soir d'avant ce que j'avais prévu pour mon petit déjeuner, je vais le prendre à la Grange, un refuge pour pèlerins. Je frappe à la porte, ou plutôt je pousse l'épais plastique qui sert de porte et qui laisse passer le vent et le froid. Kristina, une Finlandaise d'une trentaine d'années, m'y accueille et me prépare le café. J'essaye de couper des tranches dans le gros pain qui déborde de la corbeille. Elle se chauffe un reste de haricots et style purée "pour que ça ne se perde pas". Magnifique échange. Voilà bientôt 3 ans qu'elle est sur les chemins, de Compostelle et autres. Elle fait partie d'une fraternité de laïques, qui prient les uns pour les autres. Elle écrit un livre sur le rosaire en finlandais. Ici à Aubrac elle reste 2 semaines pour l'accueil dans ce refuge... des plus rustiques! Mais elle garde son très beau sourire (qui ne se voit pas sur la photo, dommage), pour dire que tout va très bien, que s'il fait froid c'est pas grave, que si c'est sombre ça va aussi, etc.. Elle me rappelle également que la vie du Christ, ce n'était pas que du gâteau, ni du pain blanc tous les jours!...
- et tu vis de quoi?
- je travaille par ci, par là. Par ex. l'automne passé j'avais besoin de m'acheter des chaussures, j'ai pu travailler 2 semaines dans les vignes. Et puis la Providence!
Ça me rassure de me dire qu'après si longtemps à vivre de la Providence d'une manière ou d'une autre, on peut garder le sourire! A méditer...
| Kristina dans la Grange |
Rencontre avec Cécile. Nous faisons un bon bout de chemin ensemble. Puis 3 autres pèlerins s'ajoutent, un trio qui s'est aussi fait en chemin. Nous nous retrouvons les 5 à la pause, dans un endroit préparé exprès pour les pèlerins par un couple du coin : café, thé, jus d'orange, préparé par Madame, bâtons de pèlerins façonnés par Monsieur. Prix indicatif de 1 Euro. Marianik sort son répertoire de chansons françaises, acheté le jour précédent. Madame, puis Monsieur arrivent. On cause, ils chantent, et on rigole bien! Toujours ce délicieux accent du midi, surtout lui. Echange de lunettes de soleil contre casquette! Voilà une vraie pause qui fait du bien partout!
Au début d'une nouvelle montée, Cécile me propose de la laisser pour que je puisse aller à mon allure et arriver à temps à l'office. Car nous logeons les deux au Couvent de Malet, à St Côme d'Olt, tenu par des Bénédictines. Des offices et prières sont proposés librement aux personnes de passage. Je file donc, prends une douche, fais ma petite lessive et arrive pile-poil à l'office. Ma devise marche encore une nouvelle fois!
De plus, des pèlerins partis à 7h du matin ce même jour me confirment qu'ils ont eu pluie et brouillard bien plus longtemps que moi. Paraît que c'est aussi beau comme ça. Bon, chacun ses goûts!
Au souper, je constate que Radio Camino fonctionne, alors que réseau téléphone et internet n'ont guère fonctionné dans cette région de l'Aubrac: "ah c'est toi qui fait 20 à 25 km par jour avec un pas énergique? J'ai entendu parler de toi le premier jour sur le chemin!" Tiens, Radio Camino a suivi mon évolution!! Je n'ai donc plus aucun complexe, même je le dis haut et fort que j'ai commencé mon pèlerinage par 5 km le premier jour!
La joie des plumes d'oie ++
Ce week-end dernier j'ai eu la très grande joie de recevoir la visite de ma soeur. Plus de 500 km pour venir me voir, quel privilège. Finalement, en faisant un pas après l'autre, et jamais deux à la fois, on avance, on traverse monts et vallées, petite leçon pour moi au passage...
Elle m'a rejointe à Nasbinals. Un petit apéro sur une terrasse avec des flûtes de Vullierens, qu'on partage finalement avec d'autres pèlerins, c'est drôlement sympa. Puis une matinée où on se prend le temps de faire les touristes, et c'est déjà l'heure de refaire tous ces km pour rentrer chez elle. Trop court mais si bon!
Elle m'apporte quelques affaires que j'avais mis de réserve pour le cas où. Je craque... pour mon sac de couchage! Je ne résiste pas à cette masse de plumes douiellettes! Je trouve donc quelques babioles à troquer contre.
Et je reprends le chemin à midi, avec un petit blues au coeur... Je traîne donc les pieds. De toutes façons j'ai tout l'après-midi pour faire une dizaine de km jusqu'à Aubrac. Tant mieux, il fait à nouveau beau (le matin ça pleuvait) et la région est absolument magnifique.
A Aubrac, je loge dans la Tour des Anglais, transformée en gîte pour pèlerins. Un dortoir à chaque étage, des escaliers étroits en colimaçon, c'est étonnant, et surtout c'est glacial! Une petite sieste dans mon sac de plumes pour me réchauffer, quel bonheur, c'est tombé à pic! 2 douches et 2 wc se trouvent au rez. Pas de chance pour ceux qui se trouvent tout en haut et doivent se relever la nuit!
Je loge à l'avant-dernier étage. La nuit, je me relève et en croise une autre de mon dortoir dans les escaliers. "Ah toi aussi t'as dû te relever?" "Ouais, moi c'est la 2è fois déjà, de toutes façons je n'arrive pas à dormir." Pas de chance pour elle. Moi je me rendors avec délice enrobée de mes plumes d'oie!
Elle m'a rejointe à Nasbinals. Un petit apéro sur une terrasse avec des flûtes de Vullierens, qu'on partage finalement avec d'autres pèlerins, c'est drôlement sympa. Puis une matinée où on se prend le temps de faire les touristes, et c'est déjà l'heure de refaire tous ces km pour rentrer chez elle. Trop court mais si bon!
Elle m'apporte quelques affaires que j'avais mis de réserve pour le cas où. Je craque... pour mon sac de couchage! Je ne résiste pas à cette masse de plumes douiellettes! Je trouve donc quelques babioles à troquer contre.
Et je reprends le chemin à midi, avec un petit blues au coeur... Je traîne donc les pieds. De toutes façons j'ai tout l'après-midi pour faire une dizaine de km jusqu'à Aubrac. Tant mieux, il fait à nouveau beau (le matin ça pleuvait) et la région est absolument magnifique.
A Aubrac, je loge dans la Tour des Anglais, transformée en gîte pour pèlerins. Un dortoir à chaque étage, des escaliers étroits en colimaçon, c'est étonnant, et surtout c'est glacial! Une petite sieste dans mon sac de plumes pour me réchauffer, quel bonheur, c'est tombé à pic! 2 douches et 2 wc se trouvent au rez. Pas de chance pour ceux qui se trouvent tout en haut et doivent se relever la nuit!
Je loge à l'avant-dernier étage. La nuit, je me relève et en croise une autre de mon dortoir dans les escaliers. "Ah toi aussi t'as dû te relever?" "Ouais, moi c'est la 2è fois déjà, de toutes façons je n'arrive pas à dormir." Pas de chance pour elle. Moi je me rendors avec délice enrobée de mes plumes d'oie!
| la tour des Anglais |
| la cuisine et salle à manger |
| le dortoir |
08/08/2011
L'Aubrac en vrac
05/08/2011
Flippe - flop
Au fond, quand les souliers font flop-flop, ce n'est pas si terrible que ça. D'ailleurs, j'ai pu constater que je n'ai jamais eu froid. Je pense que c'est comme pour les hommes-grenouilles, ils mettent de l'eau de la mer dans leur combinaison de plongée pour avoir chaud.
Par contre, quand ça flippe dans le coeur, c'est nettement plus désagréable et inconfortable... Avant-hier, mercredi, est-ce la grisaille du ciel et de la ville de Saugues, mon étape du soir, ou...? Quoiqu'il en soit, en fin de journée mon intérieur était aussi couleur grisaille. Avec cette question récurrente depuis avant mon départ: et au retour, que vais-je faire, de quoi vais-je vivre, où vais-je poser mes bagages? Cette dernière question n'est pas la plus difficile à répondre, car ma soeur ainsi que des amies m'ont déjà proposé un gîte... en attendant le mien. Et pour le reste...? Je n'ai toujours pas plus de réponses qu'au départ. Jacques avec qui je marchais ce jour-là me rappelait que je n'en étais qu'au quart du pèlerinage. Mais quand même, j'avais une impression de vertige intérieur...
Par hasard et par chance, pour l'étape du soir je m'arrête dans un centre d'accueil qui propose un office le soir. J'y participe avec plaisir. Sur la feuille de l'office, je vois le Psaume 15 (16), le psaume préféré de ma grand-mère, petit clin d'oeil sympa. J'y lis "Seigneur, de toi dépend mon sort"... Ouf là, merci de me le rappeler juste au bon moment! Je médite sur la foi: ce qui est sûr, c'est que rien n'est sûr avec la foi, c'est irrationnel, sinon ce serait une assurance tous risques. Mais bon, c'est quand même inconfortable parfois...
émoticône de ce soir là:
je préfère le beau temps dehors et dedans...
Par chance et sans hasard, le lendemain le soleil est là. Les 30 km de chemins et sentiers sont absolument magnifiques, je me régale. Cela achève de me remettre le coeur et la tête à l'endroit! De plus, j'ai la chance, une fois de plus, même après 30 km, d'être encore en bonne forme et d'avoir l'énergie pour faire ma petite lessive!
Aujourd'hui, vendredi, il fait à nouveau gris, avec quelques gouttes de pluie. Mais le moral reste au beau.
Je finis de traverser la Lozère, demain j'entre sur le plateau de l'Aubrac.
Par contre, quand ça flippe dans le coeur, c'est nettement plus désagréable et inconfortable... Avant-hier, mercredi, est-ce la grisaille du ciel et de la ville de Saugues, mon étape du soir, ou...? Quoiqu'il en soit, en fin de journée mon intérieur était aussi couleur grisaille. Avec cette question récurrente depuis avant mon départ: et au retour, que vais-je faire, de quoi vais-je vivre, où vais-je poser mes bagages? Cette dernière question n'est pas la plus difficile à répondre, car ma soeur ainsi que des amies m'ont déjà proposé un gîte... en attendant le mien. Et pour le reste...? Je n'ai toujours pas plus de réponses qu'au départ. Jacques avec qui je marchais ce jour-là me rappelait que je n'en étais qu'au quart du pèlerinage. Mais quand même, j'avais une impression de vertige intérieur...
Par hasard et par chance, pour l'étape du soir je m'arrête dans un centre d'accueil qui propose un office le soir. J'y participe avec plaisir. Sur la feuille de l'office, je vois le Psaume 15 (16), le psaume préféré de ma grand-mère, petit clin d'oeil sympa. J'y lis "Seigneur, de toi dépend mon sort"... Ouf là, merci de me le rappeler juste au bon moment! Je médite sur la foi: ce qui est sûr, c'est que rien n'est sûr avec la foi, c'est irrationnel, sinon ce serait une assurance tous risques. Mais bon, c'est quand même inconfortable parfois...
émoticône de ce soir là:
je préfère le beau temps dehors et dedans...
Par chance et sans hasard, le lendemain le soleil est là. Les 30 km de chemins et sentiers sont absolument magnifiques, je me régale. Cela achève de me remettre le coeur et la tête à l'endroit! De plus, j'ai la chance, une fois de plus, même après 30 km, d'être encore en bonne forme et d'avoir l'énergie pour faire ma petite lessive!
Aujourd'hui, vendredi, il fait à nouveau gris, avec quelques gouttes de pluie. Mais le moral reste au beau.
Je finis de traverser la Lozère, demain j'entre sur le plateau de l'Aubrac.
Pour être honnête...
Dans la chapitre "Départ de Le Puy-en-Velay" j'ai omis de raconter le 1er épisode de cette journée.
En fait, le jour où je parlais de dépouillement, je me promenais l'après-midi dans la ville du Puy, sans sac. Pourtant une légère douleur au dos me fait redouter de porter mon sac le lendemain. De plus je dois acheter un nouveau guide, plus lourd que le précédent. Le soir, au souper, une des hôtesses du relais où je loge, me passe un autre guide qu'un pèlerin avait oublié, plus précis au niveau de la cartographie. Tout à coup, sur mon lit, je panique: je ne peux absolument pas me permettre de porter plus lourd . Même si je ne ressens pas mes articulations, elles en prennent un sacré coup sans aucun doute, m'a dit quelqu'un de bien avisé. Je réfléchis alors à ce que je peux supprimer de mon sac.
Le matin, 2ème du dortoir à me lever, je me précipite sur mon sac dans le couloir (par peur des puces de lit, nous n'avons pas le droit de prendre nos sacs dans les dortoirs) et je commence à déchirer les pages déjà lues, les pages en trop de mon livre de bord, bref, à m'alléger de ce que je peux. J'échange ma coquille St-Jacques contre une plus légère. Le processus est amorcé!
Le surlendemain, alors que je sors mon couteau de poche pour partager la tranche de tarte aux myrtilles que nous prenons ensemble avec Jacques, il dit "ah, tu as ton couteau, j'ai oublié le mien, c'est embêtant". Du coup, je pense que j'en ai un deuxième tout petit; j'en ai pris 2 au cas où, par ex., j'en laisserai tomber un dans un ravin. Puis je repense à un épisode où j'ai vu un sac de montagne tomber dans une crevasse. Ce n'est pas pour autant que j'ai pris 2 sacs, 4 bâtons, etc... Je lui donne donc le petit couteau.
Hier matin, une pèlerine ayant très mal aux genoux, je lui donne deux Flecto... = gros pansements anti-inflammatoires, prévus pour ma cheville.
Je ne sais pas si le sac est vraiment moins lourd, mais je commence au moins à passer de la théorie à la pratique!
En fait, le jour où je parlais de dépouillement, je me promenais l'après-midi dans la ville du Puy, sans sac. Pourtant une légère douleur au dos me fait redouter de porter mon sac le lendemain. De plus je dois acheter un nouveau guide, plus lourd que le précédent. Le soir, au souper, une des hôtesses du relais où je loge, me passe un autre guide qu'un pèlerin avait oublié, plus précis au niveau de la cartographie. Tout à coup, sur mon lit, je panique: je ne peux absolument pas me permettre de porter plus lourd . Même si je ne ressens pas mes articulations, elles en prennent un sacré coup sans aucun doute, m'a dit quelqu'un de bien avisé. Je réfléchis alors à ce que je peux supprimer de mon sac.
Le matin, 2ème du dortoir à me lever, je me précipite sur mon sac dans le couloir (par peur des puces de lit, nous n'avons pas le droit de prendre nos sacs dans les dortoirs) et je commence à déchirer les pages déjà lues, les pages en trop de mon livre de bord, bref, à m'alléger de ce que je peux. J'échange ma coquille St-Jacques contre une plus légère. Le processus est amorcé!
Le surlendemain, alors que je sors mon couteau de poche pour partager la tranche de tarte aux myrtilles que nous prenons ensemble avec Jacques, il dit "ah, tu as ton couteau, j'ai oublié le mien, c'est embêtant". Du coup, je pense que j'en ai un deuxième tout petit; j'en ai pris 2 au cas où, par ex., j'en laisserai tomber un dans un ravin. Puis je repense à un épisode où j'ai vu un sac de montagne tomber dans une crevasse. Ce n'est pas pour autant que j'ai pris 2 sacs, 4 bâtons, etc... Je lui donne donc le petit couteau.
Hier matin, une pèlerine ayant très mal aux genoux, je lui donne deux Flecto... = gros pansements anti-inflammatoires, prévus pour ma cheville.
Je ne sais pas si le sac est vraiment moins lourd, mais je commence au moins à passer de la théorie à la pratique!
03/08/2011
Départ du Puy-en-Velay
2 août: Messe à la Cathédrale du Puy-en-Velay à 7h, nous étions environ 250 à 300 pèlerins. Moi qui étais contente de partir du Puy en semaine pensant qu'il y aurait moins de pèlerins, c'était raté! Cela faisait quelque temps qu'ils n'avaient plus eu autant de monde le matin! Seule Suissesse de ce lot, et nous étions une petite dizaine seulement à avoir l'intention d'aller jusqu'à Compostelle. Etonnant! Je mesure une fois de plus le privilège de pouvoir faire ce pèlerinage d'un coup.
Malgré tout ce populo, ayant choisi la variante du chemin antique du pèlerinage, qui nous fait économiser du goudron et 4 km, je me suis très vite retrouvée seule. Moins bien balisé, j'ai trouvé les anges nécessaires au bon moment pour m'indiquer le chemin. Le troisième, le "grand Alain", m'a vue à distance partir dans le mauvais sens, m'a appelée et a couru pour me rattrapper et me remettre sur le bon chemin. Quelques km ensemble me font découvrir un homme passionné de ce chemin, en fait l'original du tout premier pèlerinage. C'est le côté commercial du chemin qui l'a fait dévier. Les bistroquets paient 50 Euros pour détourner le chemin et être inscrits dans le "Miam miam Dodo" (livret de chevet et de pauses du pèlerin). Depuis 16 ans Alain montre aux pèlerins la "bonne voie", avec toujours autant de passion. Magnifique parcours, bucolique comme annoncé. Après coup, je me suis dit que heureusement que j'avais fait une bonne pause croissant aux amandes (comme seuls les Français savent les faire), car sinon Alain ne me voyait plus. Comme quoi la gourmandise peut aussi être salvatrice!!
Quelques vues du chemin d'aujourd'hui:
Depuis 3 jours, le soleil a franchement ré-apparu, avec souvent une brise légère qui fait que c'est super agréable de marcher. C'est vrai qu'avec le soleil, le paysage prend une autre dimension, n'étant plus limité par la pluie et/ou le brouillard. Je mets enfin le chapeau de soleil pour de vrai, et la pèlerine pour le confort des pauses ou des éventuelles siestes!
Ce soir, étape à St-Privat d'Allier. Je pensais loger chez le couple Vincent qui peut accueillir une dizaine de pèlerins, mais sans réservation. Ce qui m'intéressait chez eux c'est qu'il y avait possibilité de participer à l'office du soir. Mais il ne leur restait plus qu'un lit de couple. J'arrivais avec Alex, que j'avais rencontré 3 km avant; lui étant crevé (il avait fait 4 km de + que moi), je lui laisse le lit et vais dans un gîte à env 2 km plus loin. Sans aucun regret: super accueil, super confort, à moi de choisir si je voulais du magret de canard ou des rognons de veau! J'ai choisi le magret: absolument délicieux! En plus, la mère du responsable du gîte m'a amenée au village pour que je puisse profiter, et elle aussi, de l'office. Le soir, super soirée ensemble, avec Jacques un autre pèlerin. Bon, je vous parlais de pain gris??
émoticône:
j'en suis toujours à croquer du pain blanc avec bonheur!
Malgré tout ce populo, ayant choisi la variante du chemin antique du pèlerinage, qui nous fait économiser du goudron et 4 km, je me suis très vite retrouvée seule. Moins bien balisé, j'ai trouvé les anges nécessaires au bon moment pour m'indiquer le chemin. Le troisième, le "grand Alain", m'a vue à distance partir dans le mauvais sens, m'a appelée et a couru pour me rattrapper et me remettre sur le bon chemin. Quelques km ensemble me font découvrir un homme passionné de ce chemin, en fait l'original du tout premier pèlerinage. C'est le côté commercial du chemin qui l'a fait dévier. Les bistroquets paient 50 Euros pour détourner le chemin et être inscrits dans le "Miam miam Dodo" (livret de chevet et de pauses du pèlerin). Depuis 16 ans Alain montre aux pèlerins la "bonne voie", avec toujours autant de passion. Magnifique parcours, bucolique comme annoncé. Après coup, je me suis dit que heureusement que j'avais fait une bonne pause croissant aux amandes (comme seuls les Français savent les faire), car sinon Alain ne me voyait plus. Comme quoi la gourmandise peut aussi être salvatrice!!
Quelques vues du chemin d'aujourd'hui:
| Eglise de Ste-Foy à Bains |
| détail de la porte |
| St-Privat d'Allier |
Depuis 3 jours, le soleil a franchement ré-apparu, avec souvent une brise légère qui fait que c'est super agréable de marcher. C'est vrai qu'avec le soleil, le paysage prend une autre dimension, n'étant plus limité par la pluie et/ou le brouillard. Je mets enfin le chapeau de soleil pour de vrai, et la pèlerine pour le confort des pauses ou des éventuelles siestes!
Ce soir, étape à St-Privat d'Allier. Je pensais loger chez le couple Vincent qui peut accueillir une dizaine de pèlerins, mais sans réservation. Ce qui m'intéressait chez eux c'est qu'il y avait possibilité de participer à l'office du soir. Mais il ne leur restait plus qu'un lit de couple. J'arrivais avec Alex, que j'avais rencontré 3 km avant; lui étant crevé (il avait fait 4 km de + que moi), je lui laisse le lit et vais dans un gîte à env 2 km plus loin. Sans aucun regret: super accueil, super confort, à moi de choisir si je voulais du magret de canard ou des rognons de veau! J'ai choisi le magret: absolument délicieux! En plus, la mère du responsable du gîte m'a amenée au village pour que je puisse profiter, et elle aussi, de l'office. Le soir, super soirée ensemble, avec Jacques un autre pèlerin. Bon, je vous parlais de pain gris??
émoticône:
j'en suis toujours à croquer du pain blanc avec bonheur!
02/08/2011
Le Puy-en-Velay en images
15 km lundi 1er août qui me restaient à faire pour arriver au Puy. J'y suis arrivée avant midi, ce qui m'a permis de poser mon sac au relais des pèlerins, au pied de la cathédrale. Ainsi j'ai pu visiter la vielle ville, légère, avec beaucoup de plaisir.

| le clocher de la cathédrale |
| vue depuis le haut des escaliers |
| les escliers de la cathédrale |
| plafond de la chapelle des pénitents |
| le rocher St-Michel |
| les escaliers de la chapelle St-Michel |
| la chapelle St-Clair |
| la dentelle est une spécialité du Puy |
01/08/2011
Le Puy-en-Velay
Le Puy-en-Velay, ville de destination, de départ ou d'étape pour tous les pèlerins qui choisissent la Via Podensis pour leur pèlerinage. De toutes façons, étape importante qui marque une manière de cheminer différente de ce qu'on peut vivre de Suisse jusquà Le Puy-en-Velay. Tous les jours, messe d'envoi des pèlerins à 7h à la Cathédrale. Parfois 100, parfois 200 ou plus, tous les pèlerins, chrétiens ou non, assistent à cette messe. Demain je ferai partie du lot. Combien serons-nous?
Cela signifie que dorénavant je devrais rencontrer beaucoup de pèlerin-es sur le chemin. Plus d'accueil jacquaire, mais des gîtes pour pèlerins: c'est là où on se retrouve à 30, 50, 100 ... voire 200 dans le même dortoir! Fini la chambre avec douche et wc pour moi toute seule!! Ce sera autre, ce sera différent, à moi aussi d'en faire du pain gris, noir ou autre qui aie de la saveur.
Affaire à suivre...
L'accueil jacquaire, ce sont des gens qui vous ouvrent grand leur porte de maison, en plus de celle de leur frigo et souvent de leur cave! Ceci pour compenser le manque de gîtes pour pèlerins avant Le Puy-en-Velay. J'ai donc vécu mon dernier accueil jacquaire de samedi à dimanche, chez Ninou et Gilbert, à Araules. Une fois de plus, superbement accueillie. Ninou, c'est un phénomène ambulant de vivacité, de bonté, de coeur largement ouvert, de belle convivialité. Certainement mon dernier lit super confortable!
Je profite de la balance de Ninou pour repeser mon sac, avec veste et pèlerine dessus: 12kg, exactement le quart de mon poids! Théoriquement, on ne devrait pas dépasser le 15è de son poids. Pratiquement j'y arrive, je le porte même sans trop le sentir. Pour le moment en tous cas. Mais j'aimerais bien y ajouter un sac de couchage, certains disent qu'en Espagne on n'a pas de couverture, d'autres disent que si. Mais je ne sais toujours pas contre quoi troquer 850 gr. de plumes: confort de la nuit contre confort de la journée? Ninou, avec son déllicieux accent du Midi, me dit "et alors le dépouillement, t'en fais quoi?" Moi qui trouvait que troquer un 2 pièces contre un sac de 12 kg c'était déjà pas mal! Bon, certainement dois-je encore poursuivre cette réflexion!!
Cela signifie que dorénavant je devrais rencontrer beaucoup de pèlerin-es sur le chemin. Plus d'accueil jacquaire, mais des gîtes pour pèlerins: c'est là où on se retrouve à 30, 50, 100 ... voire 200 dans le même dortoir! Fini la chambre avec douche et wc pour moi toute seule!! Ce sera autre, ce sera différent, à moi aussi d'en faire du pain gris, noir ou autre qui aie de la saveur.
Affaire à suivre...
L'accueil jacquaire, ce sont des gens qui vous ouvrent grand leur porte de maison, en plus de celle de leur frigo et souvent de leur cave! Ceci pour compenser le manque de gîtes pour pèlerins avant Le Puy-en-Velay. J'ai donc vécu mon dernier accueil jacquaire de samedi à dimanche, chez Ninou et Gilbert, à Araules. Une fois de plus, superbement accueillie. Ninou, c'est un phénomène ambulant de vivacité, de bonté, de coeur largement ouvert, de belle convivialité. Certainement mon dernier lit super confortable!
| Ninou, 3è depuis la gauche,Gilbert le 1er et leurs cousins |
"Radio Camino"
On m'avait avertie à l'avance: sur le Chemin, surtout en Espagne "Radio Camino" fonctionne bien. C'est-à-dire que votre réputation, ou vos caractéristiques personnelles vous précèdent sur le chemin, ainsi on vous accueille avec un "Ah le chapeau cow-boy arrive" ou "bonjour le lézard" etc...
Moi, Radio Camino m'a rattrappée par la voix de Patricia derrière moi qui m'interpelle: "c'est toi Denise?" Oui, oui, mais comment...? "C'est Alain qui m'a dit que je devrais certainement rencontrer Denise qui marche 15 km par jour!" Et voilà, ma réputation est faite... à l'inverse de ce que la plupart d'entre vous aurait pensé! 15 km par jour, bien que c'est plus souvent que j'en fais 20 ou + que seulement 15.
Nous pique niquons ensemble avec Heinrich qu'elle a rencontré sur le chemin. Elle enlève ses chaussures et je vois ses pieds plein de sparadraps, elle a vraiment mal aux pieds. Moi pas. D'ailleurs, c'est de la voir enlever ses chaussures que je me dis que je pourrais bien aérer les miennes!! Elle, elle s'arrête au Puy, moi je continue...
Puis nous faisons quelques km ensemble et nous nous séparons, car elle va à un gîte où elle doit faire encore une dizaine de km, et demain elle en aura 17 pour arriver à Le Puy-en-Velay. Moi il me reste 8km et demain j'en aurai plus que 15... Comment ça? Eh bien il fallait tomber sur la bonne personne qui vous explique à quel gîte aller, hors du chemin officiel, mais qui vous fait gagner 4 km!! C'est aussi comme ça qu'on ne fait pas trop de km!
Moi, Radio Camino m'a rattrappée par la voix de Patricia derrière moi qui m'interpelle: "c'est toi Denise?" Oui, oui, mais comment...? "C'est Alain qui m'a dit que je devrais certainement rencontrer Denise qui marche 15 km par jour!" Et voilà, ma réputation est faite... à l'inverse de ce que la plupart d'entre vous aurait pensé! 15 km par jour, bien que c'est plus souvent que j'en fais 20 ou + que seulement 15.
Nous pique niquons ensemble avec Heinrich qu'elle a rencontré sur le chemin. Elle enlève ses chaussures et je vois ses pieds plein de sparadraps, elle a vraiment mal aux pieds. Moi pas. D'ailleurs, c'est de la voir enlever ses chaussures que je me dis que je pourrais bien aérer les miennes!! Elle, elle s'arrête au Puy, moi je continue...
Puis nous faisons quelques km ensemble et nous nous séparons, car elle va à un gîte où elle doit faire encore une dizaine de km, et demain elle en aura 17 pour arriver à Le Puy-en-Velay. Moi il me reste 8km et demain j'en aurai plus que 15... Comment ça? Eh bien il fallait tomber sur la bonne personne qui vous explique à quel gîte aller, hors du chemin officiel, mais qui vous fait gagner 4 km!! C'est aussi comme ça qu'on ne fait pas trop de km!
| Patricia et Heinrich, au sommet du col Raffy, 1276m. point culminant |
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